«La pandémie a créé les conditions sociales propices à l’antisémitisme», a averti Moshe Kantor lors de la publication du rapport sur l’antisémitisme dans le monde

(Tel Aviv, le mercredi 7 avril 2021) – La montée significative de l’extrémisme et l’augmentation généralisée des conspirations antisémites au cours de l’année dernière pourraient impacter de manière significative les communautés juives dans un monde après la pandémie, a déclaré le Dr Moshe Kantor, président du Congrès juif européen, lors de la publication du rapport annuel sur l’antisémitisme dans le monde en 2020, par le Centre Kantor de l’Université de Tel Aviv.

« 2020 a été une année de désordre social, et de profonde polarisation au niveau mondial. La pandémie a été un terreau fertile pour que l’antisémitisme, le racisme et l’extrémisme prospèrent » a déclaré Moshe Kantor.

« Au cours de l’année écoulée, des théories conspirationnistes affirmant que les Juifs, le peuple juif ou l’État d’Israël seraient derrière la pandémie, ou en profiteraient, se sont largement répandues », a-t-il ajouté. « L’accent constant mis sur le rôle des Juifs dans les événements mondiaux montre que l’antisémitisme occupe toujours une place centrale dans les théories du complot. »

Alors que moins d’attaques physiques ont eu lieu en 2020, en raison des confinements et des sévères restrictions mis en place, beaucoup plus de haine anti-juive a été diffusée en ligne. Les accusations liées au coronavirus à l’encontre des Juifs et d’Israël ont été facilement diffusées, ce qui a entraîné l’expansion de groupes extrémistes.

Moshe Kantor a également exprimé son inquiétude quant aux effets de la propagation de cette cyber-haine sur les populations, et en particulier sur la jeune génération.

« Les jeunes ont été contraints de rester enfermés pendant une partie importante de leurs années formatrices, tout en étant exposés 24 heures sur 24 à l’antisémitisme, à la manipulation et à la désinformation en ligne », a ajouté le Dr Kantor.

« Nous devons faire davantage pour nous engager auprès des jeunes par le biais des outils qu’ils utilisent eux-mêmes comme source d’information principale sur les réseaux sociaux et dans le monde numérique », a-t-il ajouté.

Selon le rapport, dans la plupart des pays, on constate une diminution des incidents violents, des attaques contre les personnes et leurs biens ainsi que des menaces et des incendies criminels. En revanche, le nombre d’attaques contre des sites juifs et les biens communautaires a augmenté.

• Le nombre d’incidents antisémites violents a diminué de 18,6 %, passant de 456 en 2019 à 371 en 2020, notamment en raison des confinements.

• En outre, le nombre de blessures physiques a diminué de 37,1 %, passant de 170 en 2019 à 107 en 2020, et les dommages aux biens privés ont également été réduits de 35,4 %, puisque l’on passe de 130 à 84 incidents, simplement parce que les gens sont pour la plupart restés chez eux.

• Cependant, une hausse de 24,7 % a été observée en ce qui concerne les profanations de cimetières juifs et le vandalisme sur des mémoriaux de la Shoah ou d’autres monuments juifs. Les chiffres passent de 77 à 96 incidents en 2020, car ces sites sont souvent ouverts et non protégés.

• Le nombre de synagogues vandalisées a également augmenté de 18,9 %, passant de 53 à 63. Dernièrement, la synagogue de Norrköping, en Suède, a été profanée par des néonazis, la première nuit de la Pâque juive.

Une hausse des incidents a été enregistrée en Ukraine, et une baisse en Australie, au Royaume-Uni et surtout en France et au Canada.

Des tendances inquiétantes persistent toutefois en Allemagne et aux États-Unis. En Allemagne, le nombre total d’incidents a augmenté. D’une part, l’opposition aux vaccins a amené à des comparaisons avec l’Holocauste et d’autre part, la profanation des monuments commémoratifs et des cimetières juifs a continué.

Aux États-Unis, les actes antisémites sur Internet se sont intensifiés, les théories du complot se sont répandues et ont stimulé les activités des suprémacistes blancs, notamment du groupe QAnon.

La pandémie, et les mesures prises pour enrayer sa propagation ainsi que les restrictions de mouvement et les vaccins, ont mené à des comparaisons inappropriées avec les souffrances des Juifs pendant l’Holocauste.

« L’utilisation de l’imagerie de l’Holocauste autour du coronavirus est devenue endémique », a déclaré le Dr Kantor. « Les confinements sont comparés aux ghettos et aux camps de concentration ; les vaccins sont décrits comme des expériences médicales cruelles, et les personnes qui refusent ces vaccins prétendent être persécutées et portent parfois des étoiles jaunes. »

Le Dr Kantor a également parlé de l’attention accrue portée à la haine en ligne, et des mesures prises par certains géants du net et par certains gouvernements pour endiguer ce fléau.

« La bonne nouvelle est une diminution du nombre d’incidents antisémites sur les plateformes les plus populaires grâce à une plus grande vigilance et aux mesures prises par les compagnies de médias sociaux, ainsi qu’à des législations nationales plus fortes contre la haine en ligne», a déclaré le Dr Kantor.

« Cependant, si ces actions sont bienvenues et nécessaires, elles ne mettront pas fin à la haine en ligne. Comme le montre ce nouveau rapport, la haine va simplement se déplacer plus loin dans la clandestinité vers d’autres plateformes, ou sur le « darknet » ».

Le rapport montre également qu’aux États-Unis, une augmentation progressive des incidents violents est observée depuis plusieurs années, atteignant 119 cette année. L’Allemagne a également connu une escalade significative de 24% du nombre total d’infractions pénales motivées par l’antisémitisme, atteignant 2 275 (contre 1 839 en 2019) – dont 59 incidents violents, le nombre le plus élevé enregistré depuis 2001. Dans les deux pays, le vandalisme a représenté la plupart des incidents.

Il est à noter que la majorité des incidents se sont produits dans des pays comptant d’importantes communautés juives : les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie, la France et l’Allemagne. Dans tous les autres pays, à l’exception de l’Ukraine, moins de 10 incidents (par pays) ont été répertoriés en 2020.

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